LUNDI : KO DEBOUT AU REVEIL

lundi 25 août 2014 par IMEC

Ce lundi matin après la journée dramatique de la veille (1), je me réveille complètement sonné, ko debout avant d’avoir mis un pied par terre. Je me pose plein de question, sans pouvoir y donner de réponse. Une seule me vient à l’esprit ‘’L’on ne les reverra plus ! Il est bien difficile de me concentrer sur une activité, la tête est ailleurs…. Peut-être dans les nuages, car l’on pensent à ceux qui nous ont quitté aussi brutalement. On ne peut pas côtoyer une dizaine de week-ends par an les mêmes personnes sans avoir une certaine sympathie voire de l’affection pour elles, obligatoirement des liens se tissent. Retour sur une bien triste journée, même s’il m’est difficile de mettre un mot l’un devant l’autre.

Josette, André, Philippe, Jean-Paul, Bernard, la liste est trop longue pour citer tous les prénoms des officiels que je côtoie entre 35 et 40 week-ends par an, plus que ma famille allez vous dire. Josette et André commissaires de piste ou de route qui nous ont quitté hier, sont des ‘’professionnels bénévoles’’ de la sécurité des épreuves sportives, dont l’on ne parle presque jamais. Levés souvent avant le soleil, ils sont déjà à leurs postes quand d’autres émergent à peine d’une nuit réparatrice. Ils quitteront les postes attribués après que les moteurs aient cessé de rugir. En été comme en hiver, au printemps ou en automne, sous la pluie, la neige, le soleil, le froid ou la canicule, ils assument stoïquement la mission qu’il leur a été attribuée. L’ Aveyronnaise puis Gersoise d’adoption Josette Baldran, était une personne très attachante, comme me le disait le président du comité ce matin , André Diviés ‘’Dès qu’elle te voyait elle te sautait au cou’’ Vrai, elle n’ hésitait pas à interrompre une conversation pour venir t’ embrasser avec toujours les mêmes mots ‘’Tu es là Bernard’’ réponse invariable ‘’Et oui, comme toi toujours fidèle au poste !’’ ensuite nous partions chacun de notre côté vaquer à nos taches respectives. Venu de Bretagne, André Kerdado, résidait dans le Gers depuis plusieurs années. Retraité, il consacrait depuis 2011 plusieurs week-ends de l’année à encadrer les épreuves sportives. Tous les deux licenciés à l’ ASA Armagnac Bigorre, pendant une belle journée de fin d’été, qui aurait du être un jour de fête, sont partis vers un autre monde.

Chaud, très chaud, en début d’après-midi, une puis deux, puis trois, puis…x voitures de presse se pointent. Ca va chauffer ! D’entrée, à peine descendue de voiture, je file un tir à une équipe de télé ‘’Dés qu’il y a des morts vous voilà. Etes vous venus à Saint – Gaudens en novembre, lorsque l’ensemble des acteurs des sports mécaniques ont organisé un salon en faveur des sinistrés pyrénéens ? Non, bien sûr il s’agissait d’une œuvre caritative, donc sujet pas intéressant’’. Je tourne les talons en sachant que l’accueil réservé par l’ensemble des participants va être volcanique. ‘’Seriez – vous venus s’il y avait eu que la course de côte, bandes de ch…rds, ont ne vous a jamais vu, dégagez et vite !’’ D’ autres phrases du même acabit fusent. La tension monte, certains représentants des médias font marche arrière, il vaut mieux. Et même quelques uns peuvent remercier les gendarmes. Les représentants de la presse font leur métier, qui n’est que trop parcellaire, en effet le scoop fait de drame est bien plus passionnant à leurs yeux que tout le reste. Savent-ils seulement ce que signifie les initiales FFSA (Fédération Française du Sport Automobile) ? Non ! Savent-ils que le sport automobile est encadré par des amateurs ? Non ! Savent-ils que le sport automobile fait vivre en France des milliers d’entreprises de toutes tailles ? Non ! etc., etc. De toute façon rien à faire pour une majorité de ces personnes. Seuls les faits divers de préférence lugubres les intéresse. Ce dimanche, ils se sont introduits dans un cercle d’intimes, à la manière de personnes inconnues qui rentreraient chez vous, pour mettre les pieds sous la table lors d’un repas familial. Voilà ce qui a été ressenti par tous ceux qui étaient là, pilotes, accompagnateurs officiels et autres personnes. Entre nous, ils ne s’en sont pas vanté lors de leurs reportages, profil bas, droit dans leurs bottes.

Du fond du cœur, pour terminer je veux vous dire merci à tous ceux qui êtes restés pour rendre un dernier hommage à nos amis disparus. Je sais, ceci était normal mais peut-être pas pour tous ou toutes. Je pense aussi à Florian et à sa famille, au président du club organisateur, Guillaume Bardot et à toute son équipe pour qui se drame sera très voire, impossible à oublier. Mes pensées vont aussi vers les familles dans la peine et, les commissaires qui ont perdu des compagnons de route

Je veux également remercier, toutes et tous ceux qui ont eu peur que B.L.S. soit le photographe décédé, je précise que je n’ai pas eu l’honneur de le connaître. Encore merci du fond du cœur pour vos appels ou vos messages.

(1) voir ici : http://www.actumecanique.com/spip.php?article4141

B.L.S. @ photos ASA A.B.