MANU COLLARD, UN DES MEILLEURS PILOTES DE SA GENERATION

vendredi 15 janvier 2021 par IMEC

Licenciés à l’ASA Armagnac-Bigore, diplômé DEJEPS, le portrait de Emmanuel Collard, dit Manu, comme nous l’avons fait avec Jean-Philippe Belloc,sans doute un personnage hors du commun, qui aurait du accéder à la F1 tout comme Belloc, mais hélas leurs destinées en décidera autrement.

Natif d’Arpajon, Emmanuel Collard est l’un pilote français en activité les plus titrés. Son palmarès, long comme le circuit de Spa (!), commence en Karting où il décroche le St-Graal en 1988 à Laval : Champion du Monde !

François Guitter responsable des programmes compétition et fondateur de la Filière Elf, lui donne sa chance en finançant sa saison de Formule Renault en 1989. « Manu » est Vice-Champion de France derrière un certain Olivier Panis. Il concrétise en remportant le championnat 1990 avec la manière. L’étape F3 (1991) est passionnante mais plus délicate. Emmanuel court dans une structure créée de toutes pièces par son père, et plusieurs coups d’éclats, mais l’expérience et l’ingénierie font défaut. Manu ne s’y attarde pas. Poussé par Elf, il signe un test très prometteur en F3000, antichambre de la F1, et intègre l’équipe française Apomatox en 92 et 93. Il y retrouve Olivier Panis. Souvent aux avant-postes, Manu connaît cependant des problèmes techniques qui annulent tout espoir de jouer le titre.

Elf réduit son implication dans la Filière à partir de 1994 et l’apparition de la Loi Évin trois ans plus tôt rend difficile le financement d’une saison en sport auto. Grâce à son talent, il décroche le poste de pilote d’essais F1 de Benetton, Williams, puis Tyrrell, mais roule peu. Il sent que l’avenir en F1 s’assombrit et oriente sa carrière vers la Porsche Super Cup, un championnat Européen très relevé disputé en lever de rideau de la F1.

Jean-Michel Bouresche du JMB Racing lui donne sa chance et Manu termine 2e en 94 avant d’ajouter un nouveau titre à son palmarès en 1996. Porsche le félicite en lui offrant un test sur la mythique GT1, et un baquet pour la dernière course du championnat international des voitures de sport à Zuhaï. Le Francilien gagne et obtient un contrat officiel Porsche en 97. Il passe tout près d’une première victoire au Mans la même année, en tête à une heure de la fin il est victime d’un incendie qui le pousse à l’abandon

Il disputera Le Mans à de nombreuses reprises pour le compte de plusieurs constructeurs (Ferrari 333 SP JMB Racing Champion IISRS 1997, Toyota en Prototype en 1999 et 2000, puis Cadillac avec le Team Dams). Manu s’essaie en parallèle au Super Tourisme de 2001 à 2003 (Vice-Champion sur Opel), avant de retrouver le statut de pilote officiel Porsche en FIA GT, avec de nombreuses courses dans le monde entier, y compris dans le championnat d’Endurance US.

Il devient l’un des piliers du Team Pescarolo Sport au Mans entre 2005 et 2007 et joue la victoire au général (pole position en 2005). De nouveau pilote Porsche, puis Corvette en 2009 et 2010, il gagne les Championnat ELMS en 2011 et 2012 sur Porsche. C’est en 2012 que Manu obtient son DEJEPS. Il rencontre la même année François Perrado, alors qu’il dispute Le Mans Classic sur une Porsche 935. Le Champion et le pilote amateur sont tous les deux en panne et discutent au bord du rail ! Le courant passe bien et peu après François demande à Manu de devenir son coach.

Une belle opportunité pour les deux hommes d’autant que le gentleman driver apprend vite… Ils disputent ensemble les 24 H du Mans en 2013, au volant d’une Porsche (Team Prospeed). Le duo enchaînera au volant d’une Ferrari F458 l’année suivante jusqu’à remporter le WEC en 2016 (2e au Mans). L’an dernier, l’équipage associé au Danois Nicklas Nielsen a signé la 3e place au Mans (F488).

En passant de pilote privé à pilote officiel pour de grands constructeurs, en remportant des titres au plus haut niveau du sport automobile du karting au prototype, l’expérience d’Emmanuel Collard est immense. Il aime coacher un pilote dès ses débuts, car il sait mieux que personne que toutes les connaissances sont à acquérir en parallèle. Le pilotage, la technique et la mise au point, la préparation physique aussi, se développent en même temps. Le DEJEPS a apporté à Emmanuel des mots sur son ressenti de pilote, et lui a permis de mieux les partager et en faire profiter ses élèves.

B.L.S. – communiqué © D.R.