UNE PREMIERE POUR JERÔME VASSIA EN INTERCONTINENTAL DRIFFING

mercredi 16 juin 2021 par IMEC

La toute première épreuve FIA Intercontinental Drifting Cup organisée en Europe s’est déroulée ce week end sur l’incroyable circuit Bikernieki à Riga en Lettonie.

Après 3 épisodes au Japon en 2017, 2018 et 2019 puis une saison blanche en raison de la pandémie en 2020, le nouveau promoteur 2021, Russian Drift Series (RDS), a réussi le pari d’exposer le Drift international à son plus haut niveau. 34 pilotes de 21 nationalités différentes ont ainsi été sélectionnés pour s’affronter dans cette compétition d’un niveau très relevé. Après sa déception suite au retrait de son équipe au Drift Master Grand Prix 2021, Jérôme Vassia, seul pilote Français engagé, est entré dans la légende en devenant le premier licencié de la Fédération Française du Sport Automobile (FFSA) à participer à cette épreuve.

Jérôme, que s’est il passé entre votre retrait du Drift Master Grand Prix 2021 (DMGP) et votre participation à la FIA Intercontinental Drifting Cup (IDC) ? Beaucoup de choses ! Tout d’abord, cela signifie beaucoup pour moi qu’une épreuve de Drift soit labellisée FIA. C’est le signe vers toute la communauté Motorsport que le Drift en fait partie. J’étais à Tokyo en 2017 pour la toute première édition et la présence de Jean Todt, Président de la FIA, a été la preuve pour moi que le Drift était enfin reconnu dans la cours des grands. Bien sûr, en tant que pilote, j’ai envie de participer à tout, partout, tout le temps, mais ce n’est pas toujours possible. L’arrivée en Europe de la FIA IDC était très tentant mais j’étais déjà engagé contractuellement avec mon équipe Vonzadig pour le DMGP 2021. Suite aux difficultés financières liées à la crise sanitaire et le retrait de l’équipe, mon entourage a vu une opportunité se dessiner. Le téléphone a chauffé pendant quelques jours entre le promoteur, la FIA, mon équipe Vonzadig, l’équipe Lithuanienne pour laquelle j’ai déjà piloté à Riga, quelques partenaires et un accord a été trouvé.

Quel sentiment avez vous ressenti lorsque vous avez eu la confirmation de votre sélection ? Je pense que j’étais trop surchargé de travail à ce moment là pour savourer pleinement. Je le regrette car c’est tout de même incroyable. Avant que ce ne soit officiellement annoncé, chaque fois qu’un copain me demandait « Quoi de neuf Jérôme ? », et que je disais « RAS boulot etc, Ah si, je suis sélectionné pour la FIA IDC à Riga. », à chaque fois, l’enthousiasme de mes proches était énorme « C’est un truc de dingue ! ». Donc oui, je réalise que c’est une énorme opportunité et surtout un gros challenge. Mais quoi de mieux en tant que compétiteur que de se mesurer aux meilleurs pilotes du monde ? Dompter et pousser à sa limite la Nissan 350Z V8 Turbo de 800cv du Team VEEGA dans cette arène avec de tels gladiateurs est excitant et un grand privilège

Alors, Jérôme Vassia : The French Legend ? Comme nous avons pu l’entendre ce week-end dans le paddock et sur le Live streaming de la compétition ? Dans ma tête absolument pas ! Je n’ai pas cette prétention au sens propre du mot « Légende ». Ce surnom amical me vient d’Irlande depuis 7 ou 8 ans lorsque je suis allé les défier pour la première fois chez eux sur leur terrain. Après avoir réussi à battre quelqu’uns de leurs pilotes nationaux, j’ai été accueilli à bras ouverts et respecté par la communauté Drift Irlandaise ainsi que les pilotes avec qui j’ai énormément appris et sympathisé. Ils suivent aussi les actions que je mène en France pour développer ce sport et nous nous retrouvons régulièrement sur des évènements où ils m’appellent gaiement « The French Legend ».

Sportivement, où vous situez-vous sur l’échelle mondiale du Drift ? Pour faire simple, je finis 20e de cette épreuve Intercontinentale. Il y avait 34 pilotes sélectionnés et 28 classés. Je suis très content de mon résultat compte tenu des conditions à ma disposition. Je m’explique sans me chercher d’excuses car je connaissais les conditions avant d’y aller : je n’ai pas piloté depuis août 2020, je n’ai pas testé la voiture avant l’épreuve, j’ai découvert une marque de pneumatique jamais testée auparavant, il y a eu des conditions pluvieuses extrêmes, donc oui je suis satisfait de ne pas avoir commis d’erreur fatale et d’être sur la feuille de classement officielle de la FIA. La mission est accomplie et bien évidement je suis déçu car un compétiteur se rassasie habituellement avec la victoire.

Quel est votre point de vu sur le classement final ? Mon point de vu est que les pilotes se sont tous donné à 100% avec leurs équipes et partenaires. Il y a eu des cris, des larmes, de la joie, de la détresse mais c’est ça le drift, tout peut arriver. Le Champion Intercontinental James Dean (IRL) n’a pas volé sa victoire, c’est une super star Internationale, il est allé au bout de lui même et de sa machine. Il bat en finale Nikolass Bertans (LAT), jeune talent Létonnien de 16 ans seulement, qui a connu sa seule défaillance du week-end en finale. Nous le reverrons, c’est une future star planétaire du drift. Le troisième sur le podium Max Miller (UKR) l’a dit lui-même : « j’ai été très très chanceux ». Quasiment tous ses opposants ont eu des défaillances techniques lui permettant à chaque battle d’avancer dans le tableau final sans rien enlever à son talent.

En coulisse, comment s’est déroulée l’épreuve ? La bonne nouvelle est qu’elle a pu se dérouler ! Les organisateurs ont travaillé intelligemment avec le gouvernement Létonnien pour que ce soit possible avec la précieuse aide d’Eline BERKE, Vice-Présidente de la commission Drift à la FIA et locale de la manifestation. De nombreux process ont été mis en place : test Covid et contrôles médicaux quotidiens, masques, distanciations, huis clos, bulle sanitaire etc Toutes les équipes ont été très sérieuses dans le respect sanitaire pour le bien de tous et le déroulement de l’épreuve. Nous avons répondu aux nombreuses solicitations des médias accrédités mais l’absence de spectateurs est cruel. C’est la première fois que je participe à un évènement à huis clos, c’est triste, il manque la communion avec les fans. Certes le live streaming de très grande qualité a été vu par des centaines de milliers de personnes dans le monde, il manquait évidemment l’excitation du public. Le dernier test Covid négatif va me permettre de rentrer en France sereinement. En coulisse toujours, il y a beaucoup d’échanges entre pilotes, avec les organisateurs, la FIA, les contrôleurs techniques, les juges, les commissaires, les médias car nous avons tous la même passion et la même envie de bien faire pour ce sport. Il m’est impossible de remercier individuellement tout le monde car plus de 200 personnes ont travaillé sur cette épreuve mais c’est un grand MERCI général que je leur envoie. Et félicitations encore pour cette belle réussite.

Que peut-on vous souhaiter pour la suite ? Tellement de choses ! Tout d’abord que l’on puisse retrouver un style de vie plus habituel, plus simple et ça ira déjà beaucoup mieux. Cette crise a un gros impact sur les activités professionnelles et j’en subis moi aussi les effets comme beaucoup d’autres. La suite s’annonce excellente avec d’autres activités que j’ai développé dans l’optimisation personnelle et l’investissement mais aussi avec le début d’une série de tournages vidéos avec mon équipe Vonzadig où je serai le pilote officiel de très belles machines !

Le mot de la fin ? Merci, un très grand merci à la FIA et au promoteur RDS d’avoir rendu cela possible. C’est la meilleure chose qui pouvait arriver au Drift actuellement. Je suis fier de faire partie de cette communauté, de la commission Drift à la FIA pour représenter la FFSA, fier de ce que le Drift a montré et prouvé ce week end.

B.L.S. d’après un communiqué © FIA DriftingCup