UN PODIUM BIEN MERITE POUR EDOUARD CAUHAUPE

jeudi 18 juillet 2019 par IMEC

C’est fait ! Dès son troisième meeting en championnat de France FFSA GT, Edouard Cauhaupé est monté sur son premier podium. Le Toulousain âgé de 16 ans et son coéquipier Arthur Rougier ont joué la gagne tout le week-end à Lédenon, au volant de la Mercedes-AMG GT4 de l’équipe CD Sport. La victoire n’a pas voulu leur sourire mais désormais, les favoris sont prévenus : le plus jeune duo du plateau aura son mot à dire à Spa-Francorchamps, à Magny-Cours et au Paul Ricard !

Comment construit-on sa réussite dans une épreuve de GT au plus haut niveau national ? Le programme commence par des séances de tests officiels le jeudi, suivis d’essais libres le lendemain. « Je connaissais la piste pour l’avoir découverte fin 2018 au volant d’une Fun Cup. Ce type d’auto est évidemment très différent de la Mercedes qui est à peu près trois fois plus puissante et presque deux fois plus lourde, mais au moins j’ai pu boucler mes premiers tours jeudi en sachant où je mettais les roues. Nous avons trouvé un bon set-up dès la première séance et signé le 3e temps dans la deuxième. Puis nous avons travaillé pour affiner les réglages si bien que vendredi soir, nous étions sereins. Pour la première fois, on a été rapide d’entrée de jeu et on a compris qu’on avait la performance pour jouer devant. » explique Edouard

La compétition proprement dite débute le samedi par les essais qualificatifs. Un moment très important que les deux pilotes de la Mercedes N°187 ont particulièrement bien géré. L’un et l’autre ont décroché leur meilleure qualification de la saison. Edouard a obtenu la 5e place sur la grille de départ de la course 1 et Arthur la 6e sur celle de la course 2. Mais tout ne s’est pas tout à fait passé comme attendu. « Du fait de la chaleur, nous avions prévu de rouler le moins possible pour économiser les pneus en vue de la course : un tour de chauffe et deux tours chrono. Après, on peut à la rigueur en faire un troisième mais au-delà, ce n’est plus la peine de s’acharner car le « pic » de performance du pneu est passé. J’ai quitté la pitlane, chauffé les pneus et j’ai dû couper mon élan à cause du drapeau rouge qui a interrompu la séance. A la relance, j’étais parti pour faire la pole sur mon troisième tour quand j’ai été gêné par un autre pilote qui m’a fait perdre 2 dixièmes dans la descente du dernier secteur. »

Samedi après-midi pour la course 1, il fait 35 degrés, ce qui peut se révéler dévastateur pour l’homme et la machine. Edouard était bien préparé pour faire face : « Il faut commencer à boire beaucoup plusieurs jours avant la course, sans délaisser l’entraînement physique. Sur le circuit, j’ai continué à boire autant que possible, et je me suis efforcé de consacrer du temps au repos dans un endroit frais. Avant chaque séance, j’ai enfilé mes vêtements ignifugés au dernier moment et j’ai bu juste avant de monter en voiture. Après, tout s’est bien passé et je n’ai pas souffert. » Edouard conserve sa 5e place au départ mais dès le troisième tour, le moteur passe en mode sécurité du fait de la chaleur. « Je crois que le phénomène s’est produit trois fois, et je me suis retrouvé 9e. A chaque fois, il faut réinitialiser pour récupérer toute la puissance. J’ai passé le reste de mon relais à gérer la température au degré près, en passant les vitesses plus tôt et en ne restant pas derrière une autre voiture en ligne droite. Cela complique les dépassements car on ne peut pas prendre l’aspiration et on salit les pneus en roulant hors trajectoire. Si l’huile était à 137 degrés, ça allait, à 138 ça n’allait plus ! J’ai quand même réduit l’écart avec la tête et j’étais 7e au moment du changement de pilote. L’équipe a effectué le pitstop parfait. On doit passer minimum 80 secondes entre l’entrée et la sortie de la pitlane et nous avons fait 392 millièmes de plus. Arthur s’est vite mis dans le rythme et il est remonté en 3e position. » La 187 passe la ligne un peu plus de 2 secondes derrière le vainqueur. Comme une dizaine de secondes ont été perdues du fait des problèmes de surchauffe… le calcul est vite fait ! Les deux pilotes ont tout de même savouré leur premier podium, mais non sans quelques regrets. La course 2 allait-elle leur offrir une revanche ?

Cette fois, c’est Arthur, chargé du premier relais, qui rencontre un souci. La boite de vitesses se met en erreur et le Limougeaud doit s’arrêter complètement ce qui lui coûte plus de 20 secondes et une trentaine de places ! « A nous deux, nous sommes remontés de la 36e à la 9e place, en nous rapprochant constamment de la tête et on finit à 14 secondes. En fait un premier classement nous plaçait P8 mais j’ai franchi la ligne en débordant in extremis Olivier Pernaut (le fils de Jean-Pierre Ndlr) et la photo finish nous a départagés. L’équipe a encore réalisé un pitstop impeccable. Cette fois-ci nous ne sommes pas sûrs que nous aurions gagné car le safety-car qui a facilité notre remontée aurait peut-être favorisé un autre équipage si nous avions été en lutte pour la victoire. » Belle clairvoyance dans l’analyse pour un aussi jeune pilote ! Et Edouard d’ajouter : « C’est bien d’être monté sur le podium, mais nous aurions préféré la première marche. Nous sommes maintenant en 5e position au championnat de France à 37 points des leaders. L’année dernière, les futurs champions avaient 49 points de retard au même stade de la mi-saison. Ça veut dire que tout reste possible… » Le majestueux tracé de Spa-Francorchamps, en Belgique, sera le prochain arbitre de la lutte pour le titre, du 25 au 27 juillet.

B.L.S. – communiqué @ Photos-Pro-Sport