PIERRE CANTARUTTI PARTAGE SA PASSION POUR LE SPRINT CAR

lundi 24 mai 2010 par IMEC

Pierre Cantarutti paraplégique suite à un accident, a été pendant de nombreuses années un adepte du Sprint Car. Après avoir tiré un trait sur sa carrière de pilote et, plutôt que de passer à autre chose, Pierre reste fidèle à sa passion et la fait partager. A l’aide de ses fidèles sponsors, il propose, à des personnes qui comme lui sont handicapées, de rouler sur des Sprint Car uniquement pour le fun, un magnifique geste désintéressé de Pierre qui l’honore.

Avant de s’intéresser à ton projet, retraces nous ta carrière de pilote de Sprint Car !

En fait je pratique le Sprint Car depuis 1985, à "l’époque" on appelait le Kart Cross. J’ai commencé avec un kart tout terrain Honda 250cm3 automatique, une sorte de coupe mono-marque. En 1987, j’achète un châssis artisanal fabriqué près d’Agen pour faire le championnat UFOLEP catégorie 125cm3 avec un moteur de moto Honda CR Cross. En 1988 je rencontre Claude Fior de Nogaro,. Il m’aide à trouver mes premiers sponsors et me fabrique un châssis en tubes carré aluminium : une construction superbe que je possède toujours. En 1990 le règlement évolue avec un châssis et une cylindrée moteur très proches des Sprint Car d’aujourd’hui. Claude Fior me fabrique un nouvel engin équipé d’ un moteur de 600cm3 avec un variateur. Je dispute deux saisons en UFOLEP, je termine 3e du championnat Open en 1992. Les années 1993 et 94 sont consacrées à la construction de mon Cross Car "Proto-Crampons" du nom de l’atelier de mes copains Philippe Boyer, ( le fils de Moustache bien connu au circuit de Nogaro, un grand copain de Claude Fior ) et de Michel Galliano, tous deux rencontré quand ils travaillaient pour FIOR Concept. Je reprend la compétition label FFSA en 1995, je fais quatre saisons avec cette machine. En 1999 je monte un châssis Fouquet avec moteur Honda CBR, je fais quatre nouvelles saisons avec (c’est pas du Vivaldi c’est du Cantarutti !). En 2003 je monte un nouveau châssis Fouquet avec un moteur de scooter des neiges équipé d’une transmission à variateur . Une fois encore je fais quatre saisons, mais je ne suis plus dans le coup. Ce moteur est un vrai casse tête à faire marcher, je n’arrive pas a faire fonctionner les freins correctement à cause de cette transmission. Je ne suis plus dans le coup et même si je me suis toujours qualifié en coupe de France FFSA, c’est de justesse. Ca ne suffit plus a contenter mes ambitions, donc je prend la décision de arrêter la compétition. De toute manière le budget apporté par mes sponsors et mes moyens personnels ne me permettent pas de monter un nouveau Sprint Car au top niveau, donc……. La retraite en 2008 !

Parles nous de ton nouveau projet !

Après avoir arrêté, je présente mon nouveau projet à mes sponsors, qui sont le Conseil Général Gers , la Caisse Epargne et les laboratoires Coloplast . Il consiste à faire rouler des paraplégiques avec des karts tout terrain Honda FL 400 cm3 sur circuit terre . C’est ok ! Ils me suivent. Nous achetons un premier kart et nous commençons à faire rouler les gars. Nous allons bientôt en acheter un second toujours avec l’aide de mes fidèles sponsors.

Peut-on dire que tu donnes des cours ?

Je ne donne pas de cours, je ne suis pas diplômé pour cela. Les personnes sont invitées a rouler, chacune roule à son niveau, pour se faire plaisir avant tout. Ce n’est pas de la compétition, donc absence de tout chrono !

Où se situe le circuit et, quand peut-on y rouler ?

Le circuit se trouve à cinq minutes d’ Auch, sur le site de loisirs tout terrain Quad Concept qui appartient à Francis Vergnes, il met gracieusement le circuit à notre disposition. Il n’y a pas de jours précis pour rouler, en fait le site n’est pas adapté aux personnes en fauteuil roulant, donc on fixe un rendez vous et on annule s’ il pleut.

D’autres paraplégiques hors ceux qui sont avec toi, peuvent-ils venir rouler ?

Bien sûr d’autres paraplégiques peuvent venir rouler s’ils en font la demande, sachant que notre budget n’est pas illimité, et que nous offrons ces roulages tant que les finances le permettront. Peut-être que dans l’avenir on pourrait envisager une participation aux frais.

B.L.S.