NASSER Al-ATTIYAH,MATHIEU BAUMEL EN ROUTE VERS LA VICTOIRE

vendredi 14 janvier 2022 par IMEC

En Prototype léger, Lionel Costes, Christophe Tressens sur Zephir occupent la 10e place

Dans l’objectif : l’avant-dernière spéciale du Dakar a reçu les éloges « del Matador » qui y a planté sa deuxième victoire d’étape sur cette édition : « des herbes à chameaux, des dunes, encore des dunes, de la pierre, du lit de rivière, c’était très complet et difficile à ouvrir ».
Une boucle Bisha-Bisha qui prenait le cap plein Nord pour pénétrer la Province de la Mecque avant de faire demi-tour pour revenir dans l’Asir, à l’extrême Sud-Ouest du Royaume. Avec un total de 501 km, il était question de 346 kilomètres de secteur sélectif composés à 42% de sable et d’un tiers de dunes, parfois très molles, qui devaient permettre aux prétendants à la victoire de demain de faire la différence à l’amorce du dernier tour de piste.

L’essentiel : Carlos Sainz qui avait perdu bien plus tôt dans la course ses chances de podium, le succès de l’Espagnol, son 41e sur le Dakar, n’a pas suscité d’émotion chez Nasser Al Attiyah qui en compte 44… et s’intéresse surtout à l’avantage qu’il dispose sur Sébastien Loeb. Après de nouveaux efforts du Français pour tenter de combler son retard, son gain à l’arrivée n’a été que de 4 minutes, qui plus est anéanti par une pénalité pour excès de vitesse. Une voie royale est ouverte à Al Attiyah sur l’étape de Jeddah, qu’il aborde avec un matelas de 33’19’’.

Le quadeur Alexandre Giroud semble paradoxalement plus stressé que le Qatarien à
l’évocation de cette spéciale de 169 kilomètres, pour laquelle il a 2h41’ d’avance sur Kamil Wisniewski.

En T3, le festival Quintero a continué avec une 11e spéciale gagnée en 12 jours de course, pendant que « Chaleco » Lopez poursuit nonchalamment sa route vers le titre. C’est avec 55’ d’avance sur son coéquipier Sebastian Eriksson que le capitaine des South Racing prendra la route demain.

En revanche, son voisin de paddock engagé chez les SSV, Austin Jones, aura lui le trouillomètre au max, après avoir perdu sa place de leader et avec l’objectif de reprendre 1’41’’ à Gerard Farres pour s’imposer (voir la Perf’ du jour).

Chez Kamaz, le leader de la course camions reste Dmitry Sotnikov, avec 8’18’’ de marge sur son partenaire Eduard Nikolaev.

La perf du jour : La discrétion a quelquefois ses vertus, y compris sur un bivouac du Dakar où l’on a facilement tendance à gonfler les pectoraux. Gerard Farres est du genre à avancer sans faire de bruit… mais à avancer tout de même. Durant sa carrière de motard, l’Espagnol s’est d’ailleurs longtemps contenté des rôles de seconds couteaux, porteur d’eau de Marc Coma en Afrique puis de « Chaleco » en Amérique. Et pourtant, il a conquis en filou le podium final à sa 10e participation, une 3e place en 2017 soufflée pour une poignée de secondes à Adrien Van Beveren. Depuis son passage à quatre roues il y a deux ans, il n’a obtenu que des places d’honneur en SSV, et n’a pas non plus véritablement ébloui sur l’édition 2022. Mais la méthode Farres, c’est effarant ! Le pilote catalan n’a remporté qu’une étape, la 7e, laissant la lumière aux frères Goczal notamment, et restant bien posté en embuscade derrière Austin Jones, le grand favori de la catégorie. Aujourd’hui, il profite des déboires de l’Américain, arrêté par la casse de son différentiel, pour bondir et prendre la tête du général. Avec seulement 1’41’’ d’avance pour aller chercher le titre, nul ne sait si le coup de Trafalgar tiendra jusqu’à la ligne d’arrivée. Austin Jones a de la ressource, mais Farres aussi.

Le Classic : A la veille de l’arrivée de la 2e édition du Dakar Classic, les dés semblent bien jetés dans le sable et peu enclins à rouler d’ici le podium. Mogno, Euvrard et Pliego sont confortablement installés au général provisoire encore ce soir. Enfin presque, car l’équipage espagnol en 3e position voit le Protruck du couple Galpin et ses 400 ch de leur moteur Chevrolet revenir fort dans leurs rétros ! 4e au classement général provisoire, et vainqueurs du jour au scratch, c’est le premier succès d’étape pour les Français, mais aussi la première victoire d’un véhicule inscrit en H3 sur le Dakar Classic. Sur le papier, rien ne joue pourtant en leur faveur parmi les engagés en « moyenne haute ». « Comme on roule entre 30 et 40 km/h plus vite que les autres catégories, il faut prendre les décisions plus rapidement et en cas de retard, c’est aussi plus difficile à rattraper, car il faut aller encore plus vite ! Mais c’est aussi là que, pour un pilote de rallye, cela devient sympa » explique le pilote. Une analyse qu’avaient anticipé ces habitués du Nascar et du rallye que développe la copilote : « On savait qu’il n’y avait que un H1 ou un H2 pour gagner. Ils vont moins vite et ils ont nos traces, leur cahier des charges est plus simple » avant que son époux ne rebondisse : « On s’étaient dit aussi que rouler à 50 km/h allait vite nous embêter. On venait pour découvrir et se faire plaisir en se disant qu’avec un peu de chance, on pourrait prendre un podium en H3. La première semaine, cela a tout de suite bien pris. On s’est retrouvé derrière les Panagiotis, le couple d’amis avec lesquels on est venus, eux aussi en Protruck. C’était avant leur retrait à la journée de repos. De dilettantes, on est passés à une mission qui a consisté à leur dire : on va vous ramener la coupe H3. On s’est mis dans le mode de rallye que l’on sait faire, en peaufinant les notes. Et on est les premiers surpris du résultat, agréablement ». 4e du général provisoire ce soir grâce à six jours consécutifs dans le Top 5, leur premier rival en H3, la Peugeot 205 T16, est à la 25e position scratch. Demain, ils ouvriront à nouveau la piste pour la caravane du Dakar Classic. Une place d’honneur à la hauteur de la performance qu’ils réalisent, pour eux et par procuration.

L’étape du jour : 1. Sainz, Cruz, Audi en 3h29’32, 2. Alvarez, Monleon, Toyota à 3’10, 3. Ekstrom , Bergkvist, Audi à 3’ 53’’- Du général 1. Al-Attiyah, Baumel, Toyota, . Loeb, Lurquin, BRX Hunter, 3. Al Rajhi, Orr, Toyota

Journée 12

B.L.S. d’après un communiqué ©A.S.O. DPP/ F. Le Floch}