PORTRAIT DU JOUR : JEAN-JACQUES DERREY CHAMPION DES SLALOMS

mardi 5 janvier 2010 par IMEC

Une leçon de pédagogie

Notre première rencontre avec Jean-Jacques Derrey remonte en 2001 lors du Slalom de Vic en Bigorre. Après avoir passé la matinée à photographier les voitures en action, à l’heure du déjeuner un petit tour du paddock pour aller à la rencontre des pilotes. Il faut dire que je n’en connaissais pas beaucoup à cette époque là, n’ayant que très peu d’occasions de fréquenter cette discipline. Mais voilà, lorsque l’on est correspondant de presse local spécialisé en sports mécaniques, il faut couvrir tout type de manifestations ayant trait à ce sport. Pendant que tout le monde, s’installe pour casser la graine, Jean-Jacques s’affaire autour de la monoplace, et l’état de la boîte, avec toute sa tripaille à l’air libre laisse à penser que le problème est grave. Pas du tout ! lâche Jean-Jacques. Et alors ? « Je refais les rapports, la première est trop longue, la seconde est trop courte et, la troisième ne sert à rien ! » Voici grosso modo les propos tenus par le mécanicien pilote, qui rajoute qu’il fignole à chaque galop d’essai les rapports pour être au top lors des trois manches de course. Il faut avouer que le bonhomme ne laisse pas indifférent, car non comptant de fignoler les rapports de boîte il explique les endroits du tracé où il va changer de vitesses ; une vrai leçon de pédagogie en somme. On comprend de suite que Jean- Jacques ne se contente pas de conduire, il faut aussi que sa voiture soit au top. J’aurai plusieurs fois entre midi et deux, l’occasion de vérifier ses manips sur d’autres slaloms.


Jean-Jacques Derrey inscrit pour la 1re fois son nom en haut des tablettes du Comité Midi-Pyrénées

Jean-Jacques parles nous de toi !

Je suis né à Fleurance dans le Gers le 19 mai 1964, je suis mécanicien, je vis avec Corinne, nous avons deux enfants, Loïc et Carline. En dehors du sport automobile, j’aime pratiquer la chasse de préférence à la bécasse un oiseau extrêmement rusé , et mon pilote référence était Ayrton Senna.

Comment et quand es-tu venu à la compétition automobile ?

Je suis un passionné de mécanique, de plus mes deux beaux frères pratiquaient le sport automobile et, de fil en aiguille j’ai mis un pied dans ce milieu. En 1984 j’ai acheté ma première voiture de course, une Simca Rallye 2 strictement de série. Je n’avais pas les moyens de viser au dessus, c’est-à-dire la Rallye 3. Avec mon frère également mécanicien nous l’avons préparée. J’ai débuté à Villeneuve sur Lot en slalom. J’ai couru pendant trois ans avec cette voiture avec rapidement de bons résultats à la clé. Mon meilleur souvenir avec cette auto s’était lors du slalom de Tournecoupe (32)qui aujourd’hui n’existe plus. J’avais réussi à battre Marcel Bayrou qui faisait figure de référence dans la discipline. En 86 je me suis séparé de cette voiture pour acheter une maison et, j’ai arrêté de courir jusqu’en 98.

Pour ton retour tu changes de catégorie ?

Oui ! J’ai fais mon retour au volant d’une monoplace, voiture qui permet de viser le podium. J’ai acheté une Formule Ford Van Diemen, sans moteur ni boîte de vitesses. J’ai monté un moteur Kent 1600 cm3 et une boîte de VW Coccinelle que j’avais bidouillée. Je l’ai gardé deux ans ensuite je suis passé à la Martini que j’ai toujours. Il s’agit d’une ex voiture de l’école de pilotage de La Châtre. Au départ elle possédait un VW deux litres que j’ai remplacé en 2001 par un 1600 cm3. Cette monoplace m’a permis d’obtenir de nombreuses victoires jusqu’à ce que je sorte au slalom de Rochefort en 2008. J’ai eu beaucoup de mal ensuite pour revenir au top, problèmes d’autobloquant et de tenue de route, cela n’a pas été simple. J’ai vraiment retrouvé une voiture saine que pendant la saison 2009.


Course de côte de Laas-Tillac une belle victoire de classe à domicile pour Jean-Jacques

Quels sont les points fort de la saison écoulée ?

D’abord, comme déjà dit d’avoir retrouvé une voiture saine, et mes victoires aux slaloms de Tarbes et de Lourdes, aux quelles il faut rajouter la victoire de groupe à la course de côte de Lass Tillac. Pour la première fois je décroche le titre slalom décerné par le Comité Midi-Pyrénées. J’avais déjà obtenu des premières places à L’ASA Armagnac Bigorre, au Club Automobile Mirande Astarac dont je suis membre, mais jamais au comité, ce qui pour moi est une belle récompense, une forme d’aboutissement.

Les moins de ta saison ?

Aucun doute c’est au Slalom de La Châtre fin août ,qui est le plus beau de toute la saison. Ayant désormais une voiture très saine, j’avais commandé quatre pneus neufs pour disputer cette épreuve, manque de chance ils sont arrivés le mardi après cette épreuve, que j’ai failli pour quelques dixièmes remporter les deux années précédentes. Résultat je me suis fait battre, dommage !

Cette année tu n’as pas participé à la finale des slaloms ?

Non, et à vrai dire je n’y ai jamais brillé, j’a i toujours eu des problèmes. J’ai même eu droit à un carton à quelques km de chez moi. Une fois en partant à cette finale une bonne femme m’a embouti le camping, j’ai failli faire demi tour et rentrer à la maison.

Pourquoi le slalom ?

C’est une question de budget, c’est la discipline qui coûte la moins cher, de plus quelqu’un qui est assez doué en mécanique peut faire de belles choses et obtenir de bons résultas. Je dois dire aussi, bien que disputant très peu de courses de côtes cette discipline et bien plus existante, c’est une montée d’adrénaline à chaque ascension, mais si tu n’as pas la voiture adéquate tu ne peux faire que de la figuration.

Tes projets pour 2010 ?

J’ai acheté une Dallara 391 sans le moteur. Je vais la remonter et l’équiper du moteur de la Martini. Je ne pense pas être prêt pour le début de la saison, tout va dépendre du travail à faire sur la monoplace. Je participerai à trois ou quatre courses de côtes et autant de slaloms. Ensuite je vais équiper ma Martini d’un ‘’petit 1600’’ pour mon fils Loïc qui débutera l’an prochain.


Deux victoires absolues aux slaloms poursuite de Tarbes et de Lourdes

B.L.S.