UN COUP D’ESSAI ET UN COUP DE MAÎTRE POUR EDOUARD

vendredi 4 octobre 2019 par IMEC

Jeudi 26 septembre, un jeune Toulousain de 17 ans du nom d’Edouard Cauhaupé est au lycée quand il apprend que l’écurie Saintéloc lui propose un baquet pour la dernière manche de la Blancpain GT Series, le championnat GT3 le plus relevé au monde. Le lendemain matin, avec cinq meetings GT4 pour tout bagage, il débarque dans le paddock de Barcelone. Il découvre la catégorie GT3, l’endurance, une auto plus évoluée que celle qu’il pilote en championnat de France, une équipe qui compte à son palmarès une victoire aux 24 Heures de Spa… Deux jours plus tard, il monte sur la première marche du podium de la classe Pro-Am en compagnie de Pierre-Yves Paque et de Pierre-Alexandre Jean après avoir terminé 11e au général et devancé 36 adversaires !
« J’ai préparé mes affaires et nous sommes partis pour Barcelone vendredi à 6 heures du matin. » Une fois arrivé, il faut mouler un baquet, faire connaissance avec le team et se faire expliquer le fonctionnement de l’Audi R8 LMS GT3. Le programme de la journée comporte deux séances et en se partageant le volant, les trois pilotes de la #26 parviennent à boucler chacun 20 tours. C’est peu mais suffisant pour se faire une première opinion. « Nous n’avons pas passé de pneus neufs. L’objectif était d’apprendre et de progresser. Je me suis habitué aux commandes disponibles sur le volant, comme le bouton de la radio et du pitlimit. Par rapport à mon habituelle Mercedes AMG GT4, on sent que le châssis dispose de beaucoup d’appuis aérodynamiques. Il réclame un autre style de pilotage. On peut attaquer beaucoup plus avec la GT3, être plus agressif, ce que la GT4 apprécie peu ! »
L’équipage de l’Audi N°26 est inscrit en classe Pro-Am. Il comporte un pur « amateur » au sens noble du terme, le quinquagénaire Belge Pierre-Yves Paque, et deux jeunes Français aux dents longues. Pierre-Alexandre Jean a 18 ans, il a débuté en monoplace en 2016 et il est actuellement 2e au championnat de France FFSA GT… juste derrière les champions en titre de chez Saintéloc et juste devant Edouard qui fera tout, avec son coéquipier Arthur Rougier, pour inverser la tendance la semaine prochaine au Paul Ricard !
Mais à Barcelone, cette rivalité n’était pas à l’ordre du jour, l’endurance nécessitant de laisser l’égo au vestiaire pour construire un résultat en équipe. Le format des qualifications illustre cette approche : En Blancpain GT Series Endurance Cup, on additionne les temps des trois pilotes pour déterminer leur place sur la grille. A ce jeu, le trio décroche la 37e position, la 5e en classe Pro-Am. « Personnellement, j’étais assez content de cette qualif, même si à cause d’un dépassement des limites de la piste à l’entrée de la ligne droite des stands, on m’a enlevé deux chronos. Mais ça n’a pas trop impacté notre position. Le résultat brut n’était pas fantastique mais dans le contexte d’une première course à ce niveau, avec l’exploitation des pneus neufs qui doit se faire en GT3 dans l’étroite fenêtre des deux premiers tours, on pouvait être assez satisfait. »

Edouard aborde la course avec le même objectif d’écoute et de progression, en faisant les choses dans l’ordre pour monter en puissance et éviter les erreurs. « Pierre-Yves a pris le départ mais plusieurs incidents ont causé une longue neutralisation. Il a roulé trois quarts d’heure sous Full Course Yellow ou safety-car, et seulement une dizaine de minutes en mode compétition. Je l’ai relayé pour repartir au milieu du peloton de tête. D’un côté, il fallait respecter la règle du drapeau bleu et les laisser passer sans perdre trop de temps. Mais cela m’a aussi permis de rouler avec quelques-uns des meilleurs pilotes GT du monde qui m’ont servi de lièvres. »

Un peu plus tard, Edouard revient lui-même sur des pilotes amateurs et silver moins rapides, « Le trafic n’est pas évident à gérer, c’est très dur de doubler en Blancpain et surtout à Barcelone. De plus notre vitesse de pointe n’était pas la meilleure, notamment face aux Bentley et Aston Martin. Le manque de connaissance de la voiture m’a dissuadé de la « jeter » au frein pour tenter des dépassements osés. Une prise de risque disproportionnée ne faisait pas partie de la feuille de route ! Il fallait que les trois pilotes roulent et que l’on voit le drapeau à damier à la fin de la troisième heure. Beaucoup n’ont pas été patients et ont fini leur course dans le bac ou dans le mur. Il faut dire qu’il y a eu énormément de neutralisations qui cassaient le rythme. »

A la fin de son relais, Edouard est revenu 4e Pro-Am. Pierre-Alexandre poursuit l’effort collectif vers le haut du classement. Il profite de la sortie de route du leader de la classe et prend la tête à quelques minutes de l’arrivée après avoir su attendre la bonne opportunité. Pendant cette ultime heure de course, un vent de folie souffle sur le circuit et de nombreux concurrents s’accrochent ou visitent les bas-côtés. De quoi favoriser la remontée de l’Audi Saintéloc qui rejoint l’arrivée au 13e rang. Elle en gagne deux de plus sur le tapis vert. Incroyable ! Elle se retrouve 11e, alors que depuis le début de la saison, aucune voiture Pro-Am ne s’était classée plus haut que 20e.

Si l’on vous donnait le choix entre une « 2 pattes » ou une Audi GT3, laquelle aurait votre préférence ? Edouard, qui rappelons-le n’a pas encore le permis de conduire, devait « piloter » ce week-end une 2CV en conduite accompagnée à l’occasion d’un mariage. Il tirait un bilan très positif de sa première expérience en GT3. « C’était un super week-end, dans une super équipe, avec une super voiture dans un super championnat ! J’ai couvert mon plus long relais à ce jour, plus d’une heure contre une demi-heure en championnat de France. Une voiture plus performante est aussi plus physique et il faisait chaud dans les cockpits à Barcelone avec plus de 32 degrés dans l’air au départ. Le plus dur a été d’être régulier. Bravo à mes coéquipiers ainsi qu’à l’équipe qui a fait de beaux pitstops et qui a adopté la bonne démarche éducative vis-à-vis de Pierre-Alexandre et moi. »
La première victoire en GT autour de laquelle Edouard tournait depuis le début du championnat de France est finalement arrivée dans la catégorie supérieure et au niveau international ! Raison de plus pour essayer d’en faire autant à l’occasion du dernier meeting national, avec un réel espoir de médaille pour les pilotes de la Mercedes n°187…

B.L.S. – communiqué © SRO