QUAND L’ÂGE IMPORTE PEU !

samedi 27 avril 2019 par IMEC

Sur la grille de départ

La moyenne d’âge très basse mais moyenne horaire très élevée pour les juniors de CD Sport ! 17 ans et demi : c’est la moyenne d’âge du duo de pilotes du team CD Sport. Face un plateau de 44 voitures et en présence d’un échantillon de spécialistes du GT à la française, Arthur Rougier et le Toulousain Edouard Cauhaupé ont réussi à se classer 6e puis 9e des deux courses disputées à Nogaro. Il s’agissait pourtant, pour l’un comme pour l’autre, de leur toute première expérience en Grand Tourisme. Et le plus incroyable, c’est qu’ils ne sont qu’à moitié contents ! Ah ces jeunes ! Edouard Cauhaupé et Arthur Rougier ont découvert la Mercedes AMG GT4 de l’équipe CD Sport à l’occasion d’un test à Nogaro début avril. Deux semaines plus tard, en prélude aux Coupes de Pâques, qui ouvrent traditionnellement la saison nationale, les concurrents du championnat de France ont pu disposer d’une pleine journée d’essais. Malheureusement, dans les deux cas, des ennuis mécaniques ont réduit le temps de roulage du plus jeune équipage du plateau.Il ne restait donc plus que les essais libres pour travailler sur la mise au point de la voiture avant les qualifications. Dans la séance des pilotes gradés « Bronze », Edouard a signé un excellent 6e temps. Le manque de roulage et de temps pour développer le set-up a particulièrement pénalisé Arthur dans la séance qui regroupait les « pros » (gradés Silver ou Gold), l’ancien champion de France F4 devant se contenter du 27e chrono.Edouard le Toulousain ne s’est pas laissé distraire par sa place en troisième ligne de la course 1. Il a opté à l’occasion de cette grande première pour une certaine prudence et il a rendu la voiture à son Limougeaud de coéquipier en 8e position. Arthur a accompli une très belle fin de parcours pour rejoindre l’arrivée au 6e rang.Le week-end pouvait d’ores-et-déjà être considéré comme réussi pour nos deux rookies. Mais ils ont affronté le challenge de la course 2 avec la même détermination. Ils se sont partagé le boulot équitablement : Arthur a gagné 9 places pour rentrer au stand P18 et Edouard en a grapillé exactement autant, cueillant les points de la 9e place sous le drapeau. Une analyse lucide des deux jeunes pilotes :

Edouard Cauhaupé derrière le volant

Arthur Rougier : « Les conditions ne m’ont pas été favorables en qualification, avec notre retard de roulage, beaucoup de trafic au moment d’exploiter le « jus » des pneus et… pas mal de bon « pros » dans ce championnat ! Mon expérience de la monoplace est un plus mais il faut que je change certaines habitudes. En Formule Renault, on doit être agressif pour chauffer vite et bien les pneus en qualif, alors qu’une GT fonctionne différemment. Dimanche, en course, j’avais un bon rythme, j’ai pu revenir 6e mais je regrette d’être tombé sur deux retardataires à l’avant-dernier tour. J’ai perdu du temps en les dépassant … et j’ai franchi la ligne 7 dixièmes après le 4e ! Lundi, j’ai doublé pas mal de monde dans les premiers tours et ensuite j’ai pensé à ménager les pneus pour qu’Edouard puisse finir le job. Globalement, on a obtenu de bons résultats compte tenu des problèmes rencontrés, donc le jour où tout ira bien, ça devrait très bien marcher ! Espérons-le car on n’est pas là pour finir 6e. J’ai bien aimé l’ambiance du championnat, avec beaucoup de voitures et un bon niveau. Les performances inférieures à celles d’une monoplace ne réduisent pas le plaisir et les courses sont plus intéressantes. »
Edouard Cauhaupé : « C’était ma troisième course en auto, alors j’aurais bien sûr préféré rouler davantage avant les qualifications. Je n’étais pas trop à l’aise mais il a fallu faire avec. J’ai réalisé le 6e temps mais l’écart avec la pole prouve qu’il faut encore travailler. On aurait pu faire mieux. Notre voiture était tout de même la Mercedes la mieux placée, comme à l’arrivée de la course 1. Je n’avais jamais pris un départ avec autant de monde. J’ai gardé mon calme dans les premiers virages, d’autant que la course dure une heure. A défaut d’être très rapide dans les tout premiers tours, j’ai été régulier pendant mon relais. J’ai roulé en solitaire, à l’inverse de la course 2 où je ne me suis vraiment pas ennuyé. Il a fallu attaquer pour remonter dans les points. L’objectif est à peu près atteint. Nous avons ouvert notre score en montrant que nous étions capables de faire des courses solides, en doublant, sans erreur, sans toucher les autres voitures et avec du rythme. C’est bon pour la confiance mais on ne va pas se contenter de simplement finir dans le Top 10 toute la saison ! »
Et chapeau bas pour Laurent Cazenave, co-dirigeant de CD Sport :« Nos deux jeunes pilotes s’en sont très bien tiré, pourtant tout était nouveau pour eux. Je leur tire mon chapeau car j’ai eu l’impression d’avoir à faire à des gars possédant 20 ans d’expérience. Je leur ai donné des consignes claires et ils ont dépassé mes attentes en matière d’intelligence et d’opportunisme. Arthur a eu un rôle plus ingrat, en affrontant des pilotes très aguerris en qualification et en étant forcé de remonter en évitant les mauvais coups au début de la course 2. Mais il a fait sa part de boulot. En fait, toute l’équipe a passé un très bon week-end, on a su résoudre les problèmes au fur et à mesure qu’ils se présentaient et nous avons réussi de très bons pitstops. Nous avons sans doute perdu de la performance par manque de roulage mais l’équipe technique a été très solide. Notre ingénieur Valentin Lansade avait beaucoup de pression car il officiait pour la première fois en tant que responsable après avoir déjà travaillé chez nous en tant que stagiaire. Nous avons maintenant une bonne base de travail. Les pilotes ont une marge de progression sur le driving et nous allons nous améliorer techniquement, avec cette voiture qui est nouvelle pour nous. »
Pour conclure sur un autre sourire, les patrons de CD Sport ont donné l’exemple à Nogaro, en participant à l’épreuve de Sprint Cup by Funyo-Sport Proto : Laurent Cazenave a pris la 2e place le dimanche et Claude Degrémont s’est imposé en catégorie gentleman le lundi au terme d’une remontée de plus de 20 places, avec le meilleur tour en prime !
La prochaine manche du championnat de France FFSA GT aura lieu à Pau, où le team a gagné en 2018 et où l’école de pilotage itinérante CD Sport a son siège social. « Arthur a gagné deux fois dans les rues paloises en monoplace mais nous ne manquerons pas de briefer nos jeunes pilotes pour leur éviter de faire les bêtises dont Claude et moi nous sommes rendus coupable dans cette épreuve au cours de notre carrière ! » concluait Laurent Cazenave… Rendez-vous du 17 au 19 mai !

B.L.S. – communiqué © Photos-Pro-Sport - Hervé Margolles