500 MILES D’INDIANAPOLIS : UNE PREMIERE POUR TRISTAN VAUTIER

samedi 1er juin 2013 par IMEC

Tristan Vautier, le rookie français aux couleurs de Midi-Pyrénées du Team Schmidt Peterson Motorsports a vécu ses premiers 500 miles d’Indianapolis et remplit son objectif, franchir la ligne d’arrivée.

Les premiers 500 miles de Tristan ont démarré pour lui le samedi précédent la semaine la course avec le test rookie, passage obligatoire pour lui qui se concrétisera par l’obtention de son permis de participer à cette course mythique. S’en est suivie une semaine de tests avec 8 jours de roulage consécutifs sur la fameuse piste d’Indianapolis. « C’était nouveau pour moi de rouler autant, c’était très intense , j’étais sur la piste de 9h du matin à 20 h. Ce circuit ne pardonnant pas les erreurs, il fallait beaucoup d’exigence et c’était un nouveau challenge intéressant pour moi d’apprendre à rester concentrer tout le temps pendant une semaine. Honnêtement à la fin de la semaine, après les qualifs on apprécie d’avoir un petit break avant d’attaquer le week-end de course ! » Les qualifications étaient prévisiblement difficiles car, ayant changé de moteur à Long Beach, il n’était pas possible pour le team d’en faire de
même pour la voiture de Tristan à Indianapolis sans recevoir une pénalité, le nombre de miles effectués nécessaire sur ce moteur pour avoir droit à un changement n’étant pas atteint contrairement aux autres pilotes dont le moteur datait de la première course. Tristan devait donc se contenter d’un moteur « ancienne » version avec une différence de 1,5 miles par heure par rapport aux autres pilotes. « Suite au handicap moteur, nous avons dû beaucoup travailler sur la voiture de qualif pour être sûrs d’être assez rapides pour se qualifier. Cela s’est plutôt bien passé puisque lors du Bump Day nous avons fait un 1er tour de 226 miles/h ce qui était très rapide. Nous ne nous attendions pas à avoir une si bonne vitesse, la 6e vitesse était un peu trop courte et j’ai tapé le rupteur au 2e et 4e tour ce qui m’a fait perdre beaucoup de temps et a amené ma moyenne sur les 4 tours à 224,8 mph. » Tristan savait que lors du Bump Day il n’y avait pas grand chose à gagner mais cela reste malgré tout un exercice complexe : « Il y a de l’appréhension car tu ne veux pas être ce pilote qui doit rentrer chez lui et ne pas faire partie du show, et lors de cette phase ultime des qualifications, il y a beaucoup plus a perdre qu’a gagner. Nous sommes cependant facilement passés dans les 33. » Seulement, il doit attendre la fin de cette journée pour être totalement confirmé à sa place qualificative, son équipe n’a pas pu utiliser les « pauses » d’ouverture de la piste pour essais libres (IndyCar ouvre la piste pour des essais libres lors du ‘’Bump Day’’entre les runs de qualifications des pilotes) qui étaient destinées à travailler sur les réglages de la voiture pour les longs relais, avec le plein d’essence. « Malgré cela, quand nous avons participé à la dernière séance d’essais libres le vendredi suivant lors du « Carb Day » (la piste était fermée entre le dimache du « Bump Day » et le vendredi suivant pour l’ultime séance d’essais), la voiture était saine et assez facile à conduire, ce qui était de bon augure pour la course. »

C’est donc un départ à la 28e place sur 33 partants que prend Tristan au volant de sa voiture blanche N°55 pour la course légendaire de 200 tours. Il est très vite dans un bon rythme et gère bien son début de course avec, non seulement un bon départ qui lui fait gagner quelques places mais avec un enchaînement de dépassements sur plus d’une dizaine de concurrents. « Nous avons fait deux bons premiers relais, très rapides et avons pu remonter 14e. J’avais bon espoir de passer dans le top 10 et dans ce cas, les choses se simplifient pour la suite, car même si cela est plus rapide, l’écart entre les voitures est plus grand et l’air plus propre. » Satisfait de son début de course, il reste néanmoins à Tristan encore 140 tours avant de franchir l’arrivée et celui-ci tente un maximum d’action pour encore remonter au classement. « Dans le 3e relais, j’ai essayé de faire un dépassement mais sans réussite et j’ai dû freiner un peu. Sur cette piste, on perd vite de la vitesse et j’ai donc perdu quelques positions. Mais c’est par la suite que les choses se sont compliquées et j’ai ressenti une vibration à l’arrière gauche, due à une usure excessive du pneu qui a engendré un déséquilibre de la roue, et j’ai dû anticiper mon passage au stand. » Il se retrouve de fait, avec une stratégie un peu décalée avec l’espoir d’une sortie du Safety-Car pour pouvoir recoller aux autres concurrents. Mais en vain. Lors du relais suivant, Tristan a vécu à nouveau le même souci : « le problème n’a finalement disparu que lorsque nous avons remis plus d’appui aérodynamique sur ma voiture mais forcément nous avons perdu de la vitesse et étant éloigné du peloton de tête, ayant moins de turbulences aérodynamiques et de survirages, j’usais moins les pneus. » La fin de la course fût donc plus difficile et seul un Safety-Car pouvait permettre à Tristan de ne pas avoir à économiser d’essence et essayer de tenter une nouvelle remontée . « Le safety-car est venu très tard, je n’avais pas assez de temps pour faire un beau dernier relais mais avec la satisfaction néanmoins de franchir l’arrivée. » C’est à la 16e place que le débutant a passé le drapeau à damiers félicité par son équipe du Schmidt Peterson Motorsports ainsi que par les vieux briscards de l’épreuve anthologique. « Nous avons réussi l’objectif fixé qui était que je fasse les 200 tours qui me permettent d’acquérir une super expérience, en cela c’est une belle satisfaction . J’étais très heureux en passant la ligne d’arrivée de voir s’afficher la 8e place de Simon (Pagenaud) mon co-équipier mais aussi d’apprendre la victoire de Tony Kanaan qui était passé très près à plusieurs reprises et qui méritait d’être récompensé. »

Tristan repart d’Indianapolis heureux, enrichi de cette expérience avec l’envie déjà, de s’attaquer à sa prochaine course le week-end prochain dans les rues de Détroit mais aussi très fier de faire partie de cette famille de l’IndyCar. « Je suis passé par plusieurs émotions ces derniers quinze jours avec le stress de devoir passer par le « Bump Day », l’enthousiasme lors de mes bons premiers relais, la frustration de ne pas continuer ma remontée en fin de course, et finalement la satisfaction de finir 16e, dans le même tour que le vainqueur. Avec du recul, c’est vraiment génial d’autant que notre semaine d’essais et les qualifications ne nous ont pas simplifié les conditions pour aborder la course. C’est une expérience incroyable, les sensations ressenties sur la grille avant de me préparer à monter dans la voiture sont indescriptibles avec cette fameuse cérémonie d’avant course. J’avais déjà des frissons en étant spectateur mais le vivre de l’intérieur est unique ! Prendre le départ avec 27 voitures devant soi avec une vitesse moyenne de plus de 350 km/h est incroyablement difficile, on arrive à peine à tenir son volant, même dans la ligne droite tellement il y a de turbulences, on apprend ce que c’est que la guerre d’Indy ! Mais ces bagarres se font entre pilotes respectueux les uns des autres sur la piste mais aussi avec un super esprit de confraternité dans les paddocks que l’on ne retrouve nulle part ailleurs qu’en IndyCar ! C’était incroyable d’avoir ma famille et mes proches amis et partenaires avec moi ce week-end pour partager ces moments.

B.L.S. – Communiqué de presse @ photos D.R.