UNE BELLE RECOMPENSE POUR JEAN-PHILIPPE BELLOC

mercredi 22 juin 2011 par IMEC

Pour sa huitième participation aux 24 heures du Mans, Jean Philippe Belloc a réussi le tour de force de monter sur la deuxième marche du podium en GTE Am, catégorie où un pilote professionnel partage le volant avec deux pilotes amateurs. Une belle récompense pour le pilote du Tarn et Garonne et ses coéquipiers Christophe Bourret et Pascal Gibon qui, au volant de la Porsche N°70 du Team Larbre Compétition, ont su éviter tous les écueils d’une 79e édition aussi exigeante que prestigieuse. Une superbe performance doublée d’une belle aventure humaine sur laquelle Jean-Philippe souhaite revenir

Monter sur le podium des 24 heures du Mans, c’est le rêve de tout pilote. Dimanche, vous y êtes monté pour la 2e fois de votre carrière. Que ressent on dans un tel moment ?

Avant même de parler de résultat, c’est déjà un immense privilège de participer à une telle épreuve. C’est un moment unique dans la vie d’un pilote, une aventure à la fois humaine, sportive et technique qui procure des émotions intenses. Participer au Mans, c’est déjà une victoire en soi. Alors, quand vous atteignez votre objectif et que vous montez sur le podium devant 250 000 spectateurs, ces émotions sont décuplées. C’est une sensation exceptionnelle, une vague de bonheur qui vous envahi et beaucoup de pression qui retombe soudainement. Car pour atteindre cette plénitude, il a fallu rester concentré, éviter tous les pièges et tenir autant physiquement que nerveusement durant 24 heures, qui nous ont paru durer une éternité. Ce podium, c’est une belle récompense ! Nous pouvons être fiers de ce résultat et de la manière avec laquelle nous l’avons obtenu.

Un mot sur l’équipage de cette Porsche N°70. Vos co-équipiers, Christophe Bourret et Pascal Gibon découvraient cette course mythique. Et leur première participation s’est soldée par cette superbe 2e place. Quel a été votre rôle auprès d’eux en tant que pilote professionnel ?

Lors de mes 3 dernières participations aux 24 heures, mes coéquipiers étaient tous des « rookies ». L’on peut dire que cela m’a toujours bien réussi ! En 2002, j’ai signé une 3e place en GT1 avec Jonathan Cochet et Benoit Treluyer, ce dernier vient de remporter cette épreuve. En 2005, Nicolas Prost, Laurent Groppi et moi même avons terminé 10e du classement général et 5e du GT1. Alors cette année, cette 2e place ne fait que me conforter dans l’idée que partager le baquet avec des novices du Mans est tout sauf un handicap. Néanmoins, mon rôle était de leur faire partager mon expérience de cette course afin qu’ils puissent la gérer au mieux. Et je dois dire qu’ils ont été exemplaires, concentrés et motivés du début à la fin de la semaine. Et pourtant sur le plan sportif, la course s’est avérée très compliquée. Pour preuve, seules 28 voitures sur 56 au départ ont franchis la ligne d’arrivée.

Comment avez vous abordé cette course ? Comment vous y êtes vous préparé ?

Notre première course tous les trois remonte à août 2010, à l’occasion des 24 heures de Spa. Et je dois dire que la mayonnaise a très rapidement pris. Dans une aventure comme celle du Mans, la dimension humaine est primordiale car c’est un véritable partage. C’est sur cette base essentielle et dans une confiance et un respect réciproque que nous avons commencé à travailler ensemble. Puis nous avons mis les bouchées doubles pour préparer la Journée Test en avril dernier. Enfin, nous avons peaufiné notre préparation quelques jours seulement avant d’arriver dans la Sarthe en participant aux 6h d’Aragon (E) V de V ainsi qu’à un stage de « Team Building » en compagnie de tout le staff de Larbre Compétition. Au sortir de ces semaines de travail, nous avons abordé l’épreuve avec beaucoup d’humilité et une grande concentration, tout en étant conscient de notre potentiel. Notre travail, nos efforts et notre minutie ont payé.

Néanmoins, les « 24 heures du Mans » demeurent une course imprévisible avec des rebondissements incessants. Et comme beaucoup de concurrents, vous n’y avez pas échappé ?

Effectivement, cela n’a pas été un long fleuve tranquille. Nous connaissions notre point faible, l’embrayage et la boîte de vitesses. Nous avons beaucoup travaillé en amont pour tenter de compenser cette faiblesse. Mais cela n’a pas suffit. Dès la mi course, nous avons commencé à rencontrer des problèmes au niveau de l’embrayage. Nous avons donc roulé la moitié de la course avec une épée de Damoclès suspendue au dessus de nos têtes. Nous n’avons plus jamais été sereins à partir de ce moment là. Il fallait adapter notre pilotage, rester en alerte permanente. Nous avons également dû modifier notre stratégie pour faire face à cet imprévu. Et malgré cela, mes coéquipiers s’en sont sortis avec brio. Encore une fois, je leur tire mon chapeau car, c’était une source de pression supplémentaire et, ils l’ont géré comme des pros.

Un autre facteur a joué un rôle primordial cette année, c’est la gestion du trafic. Cette 79e édition a été marquée par de nombreux accidents, très impressionnants. Comment l’expliquez vous ? Quel a été votre secret pour passer au travers de cet autre piège ?

Le règlement 2011 a réduit les écarts de performance entre les prototypes, Peugeot, Audi etc. et, les GT Porsche, Ferrari, Corvette et les autres. En GT, nous atteignons les 290 km/h en pointe contre 330 km/h pour les meilleurs prototypes. Cela rend donc les dépassements plus difficiles entre ces deux catégories. Et quand on voit qu’ Audi l’emporte avec seulement 13 secondes d’avance sur la Peugeot à l’issue d’un duel de 24 heures, on comprend bien que chaque dixième perdu sur un dépassement peut avoir des conséquences énormes sur le résultat final. C’est ce qui explique que cette année les prototypes aient pris tous les risques. Voilà pourquoi le trafic est un élément clé dans ce genre de course et, pourquoi il ne faut jamais relâcher sa concentration, sa vigilance. Cette situation engendre beaucoup de stress. Car dans nos voitures, la visibilité est très réduite. Il faut sans cesse surveiller ses rétros tout en restant concentré sur sa propre course.

Pour conclure, quel est votre bilan de ces 24 heures du Mans 2011 ?

Tout le monde vous le dira, cette édition 2011 a été très difficile. Nous sommes passés au travers des embûches mais néanmoins nous ne devons notre résultat ni au hasard, ni aux malheurs des autres. Nous avons signé le 2e meilleur temps lors de la Journée Test, nous avons réalisé le 4e chrono en qualifications et nous n’avons jamais quitté le Top 5 en course. Jusqu’à l’arrivée, nous nous sommes battus pour la victoire. Nous terminons à seulement un tour du vainqueur en GTE Am. On peut vraiment dire que notre objectif a été atteint. Ce podium est celui d’une équipe. Merci à Larbre Compétition et à tous nos partenaires de nous avoir permis d’accéder à ce grand bonheur. Pour ma part, après une 3e
place en 2002 et une 2e place en 2011, il ne me reste plus qu’à gravir la plus haute marche !

B.L.S. d’après un communiqué de presse de Jean-Philippe Belloc – Crédit photos Hugues Engrand & Eric Fabre V. Images