UN OBJECTIF LARGEMENT DEPASSE POUR LE JEUNE TOULOUSAIN

vendredi 25 octobre 2019 par IMEC

Edouard Cauhaupé est arrivé en championnat de France FFSA GT à 16 ans seulement avec un bagage minimum en sport auto : deux meetings en Mitjet 2 litres, avec 100% de podiums dont une victoire au bout de l’effort. Cette saison 2019 au volant de la Mercedes-AMG GT4 de CD Sport lui promettait un challenge bien plus ardu, mais le Toulousain a fait merveille ! Le plus jeune équipage du plateau qu’il formait avec Arthur Rougier a décroché le bronze, avec trois podiums conquis de haute lutte. Sans compter que les trois courses auxquelles il a pu participer dans d’autres catégories se sont soldées par autant de victoires !
Rétrospective : il y a six mois, les données étaient les suivantes : six meetings à disputer sur cinq circuits français et un belge, douze courses, une quarantaine de voitures en moyenne dont un peu plus de la moitié en Pro-Am, la catégorie reine du FFSA GT. Edouard revient sur les moments forts d’une année où il avait tout à découvrir mais qui lui a permis de se faire admettre dans le cercle très fermé des espoirs français du Grand Tourisme.
Avril, Nogaro : « Cette première course a été difficile car ni l’équipe ni les pilotes ne connaissaient parfaitement la voiture. Avec une 6e et une 9e place, nous avons montré que nous étions dans le coup. »
Mai, Pau : « Ma première expérience sous la pluie, sur un circuit urbain et de nuit ! Pau n’est jamais facile, surtout avec une connaissance encore insuffisante de la Mercedes. Au final, je me suis bien débrouillé, on a fini 8e et 6e. Les aléas de la course en ville nous ont coûté un premier podium. »
Juillet, Lédenon : « En amont du meeting, nous avons procédé à une journée d’essais. Cela nous a permis d’arriver à Lédenon avec une bonne base de réglages, et je pense que les effets positifs de ces tests se sont fait sentir jusqu’à la fin de la saison. En étant compétitifs d’entrée, nous avons pu performer en qualification et en course. Hélas, on a eu des problèmes de surchauffe, qui nous ont fait chuter 9e samedi. Mais nous sommes malgré tout montés sur la troisième marche de notre premier podium. Le lendemain, la voiture s’est encore mise en erreur et Arthur s’est retrouvé dernier. On a réussi à remonter 9e mais une autre chance de podium s’est envolée. »
Juillet, Spa-Francorchamps : « Sur ce circuit majestueux, nous nous sommes aperçus qu’il nous restait encore des choses à apprendre sur la voiture et la façon de la régler. Nous avons marqué les points de la 5e place en course 1 et nous aurions dû gagner la course 2. Arthur était en tête quand il a crevé. Je suis revenu 3e et j’ai crevé à mon tour, ce qui a causé notre seul abandon de la saison. »
Septembre, Magny-Cours : « une petite erreur du team lors du changement de pilote nous a couté le podium et nous nous sommes contentés de la 5e place. En revanche, la course 2 nous a souri et on a escaladé la deuxième marche. Ce résultat nous a propulsés à la 3e place du championnat. »
Paul Ricard : le dénouement : l’enjeu était important dans le Var : le titre était mathématiquement jouable, la 2e place accessible et la 3e place était l’objet de bien des convoitises… La Mercedes N°187 performe aux essais libres, avec le 5e temps en fin de matinée et le 3e en nocturne. Cet horaire décalé s’explique par la programmation du départ de la course 1 à 21 heures. « Nous avons vite trouvé un bon set-up, qu’il ne restait plus qu’à peaufiner. La séance de nuit a permis de prendre des repères sur un circuit peu éclairé, des conditions nouvelles pour moi. Heureusement, la Mercedes dispose d’un éclairage efficace ! »
Sur une piste humide, Edouard signe un bon 5e temps en qualification qui se change en 4e place de grille du fait de la pénalité d’un concurrent. « J’ai tenu la pole pendant l’essentiel de la séance mais nous aurions dû faire un bref arrêt au stand pour équilibrer les pressions des pneus. »
La course 1 à la lumière des phares débute bien pour Edouard qui se hisse en 3e position derrière deux BMW. « Je me suis retrouvé aux prises avec deux Alpine qui étaient très performantes sur ce circuit. Nous avons dû observer une longue neutralisation et peu après la relance, j’ai pu doubler une des BMW mais les deux A110 ont fini par me passer. J’ai rendu le volant à mon coéquipier Arthur Rougier au 4e rang. » Une spectaculaire bagarre oppose alors Arthur à une BMW et on s’achemine vers une 4e place pour la 187. Mais dans le dernier tour, l’Alpine installée en 2e position au championnat et revenue au même rang en course rencontre un problème, offrant la 3e marche du podium au duo de CD Sport. Dans l’équipe co-dirigée par Claude Degrémont et Laurent Cazenave, on se reprend du même coup à rêver au titre honorifique de vice-champion…
« Nous voulions gagner la course 2 pour coiffer les pilotes de l’Alpine au championnat, mais cet espoir a vite disparu. Arthur a crevé dans le tour de formation et nous nous sommes retrouvés à 1 minute 18 de la tête. Nous n’avions plus rien à perdre et, malgré le montage d’un pneu usé qui avait déjà fait la course 1, nous avons enchaîné des tours dignes d’une chasse à la pole position. » Dans leur chevauchée, Arthur et Edouard reprennent, sans l’aide du moindre safety-car, 15 secondes à la tête. On imagine où ils auraient pu finir… avec des si. En tout cas bien plus haut que 16e. Mais l’essentiel est sauvé, à savoir la 3e place du championnat de France !
« Si on nous avait prédit le podium final en début de saison, nous n’y aurions pas cru. Pour l’équipe, finir dans le top 10 semblait déjà ambitieux, compte-tenu du niveau. A part les deux premières courses, où on a sauvé les meubles, nous avons tout le temps joué devant. Et en tant que jeunes pilotes, on peut se réjouir de n’avoir commis aucune faute éliminatoire ou pénalisante. Merci à Arthur et à CD Sport, le travail d’équipe a payé ! »
Pour conclure ce bilan enthousiasmant, rappelons que les trois courses qu’Edouard a disputées dans d’autres catégories se sont terminées par une victoire : en Sprint Cup by Funyo-Sport Proto, il s’est imposé deux fois dans les rues de Pau, ce qui n’est jamais anodin. Quant à son premier succès en Grand Tourisme, il est arrivé où on ne l’attendait pas : sa première expérience à l’international, en endurance et dans la classe supérieure au volant d’une Audi GT3, fut la bonne ! Ce succès dans la catégorie Pro-Am du GT World Challenge Europe s’est accompagné d’une superbe 11e place au général. De bon augure pour la suite… Rendez-vous en 2020 !

B.L.S. – communiqué © Photos-Pro-Sport