TROIS DECENNIES SEPARENT DEUX SPORTS PROTOS : RONDEAU ET NORMA

mercredi 26 mai 2010 par IMEC

Petit retour sur la journée des essais de la Norma M200 P, non pour rajouter quoi que soit à notre précédent article, mais pour parler de deux prototypes, la Rondeau et la Norma, que trois décennies séparent. Nous vous l’ avons déjà dit dans le compte rendu des essais de la dernière née des ateliers de Norma sur le circuit de Nogaro, nous avons eu le bonheur de revoir la Rondeau M379 N°16 gagnante des 24 Heures du Mans en 1980. Nous ne parlerons ni de chiffres ni de performances. En effet comment comparer deux époques, avec des technologies ou des réglementations qui n’ont jamais cessées d’évoluer ou de changer. Nous voulons juste monter à travers quelques clichés les différences de conception entre la Rondeau et la Norma. Excepté que l’un soit avec un habitacle fermé et l’autre ouvert, ces deux sports protos ont ou on eu la même vocation, celle de disputer des épreuves d’endurance.

Ce qui frappe au premier abord se sont les lignes générales. Bien évidemment la M200 P profite pleinement des progrès accomplis en matière aérodynamique, ses contours paraissent plus tourmentés que ceux de la M379 qui semblent plus fluide, mais c’est à ce prix que l’on gagne quelques km/h de plus, une meilleure pénétration dans l’air, une meilleure tenue de route ou un confort de pilotage plus élevé.

Lorsque l’on compare l’arrière des deux protos, l’on voit bien que la carrosserie de la Rondeau est réduite au strict minimum : des ailes de roues et une jupe arrière peu enveloppante. Sur la Norma c’est un peu plus complexe, à tel point que l’on n’aperçoit aucun élément mécanique. Ne parlons pas d’un aileron plutôt généreux sur cette dernière, contre deux dérives sur la Rondeau. A l’avant une belle pelle à tarte pour procurer le maximum d’appui pour la Norma, un appui obtenu sur la Rondeau uniquement par la forme du capot ‘’creusé’’ dans sa partie centrale.

Le poste de pilotage avec l’apport de l’électronique s’est réduit en 30 ans comme une peau de chagrin. Un tableau de bord où tout est regroupé sur un cadran des commandes au volant contre plusieurs voyants et cadrans. Le métal a cédé sa place au tout carbone, à la fois plus léger et plus résistant.

Un coup d’œil sur le devant des protos, les pieds du pilotes se trouvent au niveau du train avant sur la Rondeau, solution guère sécurisante en cas de choc frontal. Crash box pour la Norma, la sécurité est aussi un domaine qui n’a jamais cessée d’évoluer pour offrir aujourd’hui des conditions optimales de protection.

Nous terminerons avec le compartiment moteur, qui tous les deux logent des V8 d’origine anglaise. Même si le reflet sur le coupe feu aluminium de la Rondeau peut faire penser à un V16 il s’agit bien d’un Cosworth V8 extrapolé des moteurs de F1. Un moteur dont les vibrations avaient pour conséquences de faire des ravages sur les éléments périphériques, seul Rondeau lui a fait franchir la ligne d’arrivée des 24 Heures du Mans en vainqueur. Avouons que sur la Norma l’ensemble fait moins ‘’usine à gaz’’ que sur la Rondeau, mais là aussi l’évolution de la technologie n’est pas étrangère à cet état de fait. Ces deux voitures seront présentent dans la Sarthe pour les prochaines 24 Heures du Mans, la Norma disputera sa toute première course avec le Pegasus Racing et la Rondeau dans le cadre d’une rétrospective accompagnée par une quinzaine de protos construits par le Manceau Jean Rondeau.

B.L.S. Texte et photos