LE CHAUD ET LE FROID POUR JEAN-PHILIPPE BELLOC, EN AUTRICHE

samedi 26 juillet 2014 par IMEC

Troisième manche de l’European Le Mans Series (ELMS), cette incursion en Autriche sur le circuit du Red Bull Ring ne laissera pas un souvenir impérissable à Jean-Philippe Belloc et ses équipiers. Entre performance et désillusion, le Toulousain ne cache pas une certaine déception en passant sous le damier dans le Top 10 de la catégorie. Comme à son habitude l’équipage de la Ferrari N° 59 en tirera tous les enseignements pour revenir dans le match lors du prochain rendez-vous ELMS, les 13 et 14 septembre sur le circuit Paul Ricard.

Petit changement en Autriche dans la distribution des rôles… En effet, Pascal Gibon, indisponible ce week-end, avait cédé son baquet à un familier de l’équipe Sofrev-ASP, Jean-Luc Beaubelique. Expérimenté en matière de GT, Jean Luc connaît aussi la Ferrari 458 Italia sur le bout des gants pour l’avoir pilotée depuis la création du modèle. Une recrue de choix qui est venue compléter à merveille la paire Christophe Bourret, Jean-Philippe Belloc.

Le Red Bull Ring n’est pas un tracé réputé redoutable mais quand le thermomètre s’affole comme ce fut le cas, l’évolution de la piste peut provoquer bien des surprises et pas toujours très bonnes. Ce week-end, c’est sans doute ce qui a fait passer Jean-Philippe Belloc et ses équipiers de l’optimisme à la plus cruelle des déceptions. Et pourtant, tout avait si bien commencé…

« Le samedi, les essais libres évoluent crescendo. La première séance est assez moyenne mais sur la deuxième, la performance est bien là et nous signons de très bons chronos qui nous placent deuxièmes puis finalement troisièmes de notre catégorie. »

Alors que la philosophie de l’équipage est de faire rouler au maximum les amateurs, Jean-Luc Beaubelique est chargé de qualifier la voiture et Christophe Bourret de prendre le départ.

Pendant les qualifications, Jean Luc réalise une bonne séance et un chrono honorable malgré des petits soucis de freinage. Malheureusement, ce résultat ne suffit pas pour entrer dans le top 10 et l’équipage de la N°59 doit se contenter du 12e rang.

Dimanche en début d’après-midi, les feux passent au vert pour 4 heures de course intenses. Dès le début et pendant une bonne partie de son relais, Christophe Bourret est handicapé par un problème de répartition de freinage. Le début de la fête est un peu gâché et surtout, en course l’équipage ne retrouve pas la vitesse des essais.

« Notre position dans le peloton nous a vraiment surpris. Nous étions à l’opposé des qualifs, nous avions carrément perdu notre vitesse de pointe. Avons-nous été trop optimiste dans nos réglages ? Ce qui est certain, ce sont des conditions de piste différentes des essais.
La température était très élevée et a dépassé les 35°C. Après le relais de Jean-Luc, j’ai effectué un double relais. Sur le premier, j’ai été victime d’une crevaison lente et même si le second était meilleur, rien de formidable. Le circuit en lui-même est peu abrasif mais très exigeant pour les freins. En plus, notre stratégie était de boucler la course avec deux trains de pneus, ce qui réduisait notre temps d’immobilisation au stand mais ce n’était peut-être pas la bonne stratégie. Finalement, petit à petit, nous nous sommes éloignés des avant-postes et comme ce championnat est très serré, un petit écart peut avoir de grosses conséquences. Je ne crois pas que les 40 secondes de pénalité pour excès de vitesse dans la pitlane aient changé le résultat qui, est assez décevant. Nous terminons l’épreuve au 10e rang de notre catégorie mais l’équipe a fait du super boulot et nous n’avons commis aucune erreur. Nous sommes satisfaits d’être allés au bout de la course. A présent, nous devons analyser et comprendre pour revenir plus forts sur le circuit Paul Ricard en septembre où nous disputerons la quatrième manche de l’ELMS. En attendant de rejoindre le Var, c’est en Belgique que sera mon actualité ! »

Présent à Spa depuis mardi, Jean-Philippe qui a qualifié la Ferrari N°120 en 48e position, nous fait partager son intérêt pour cette épreuve, qu’il a remporté sur Viper en 2001 dans la série FIA GT

« Spa est un autre challenge, une course très particulière dans un environnement magique. Pour moi, ce tracé est l’un des plus beaux au monde et sans doute le plus beau d’Europe. A chaque tour, ce sont 7km d’une rare intensité. Cette course est très différente des autres courses d’endurance pour de nombreuses raisons. Avant tout, c’est une course dédiée à 100% aux GT, il n’y a aucun prototype. Cette année, 61 voitures seront sur la grille de départ, réparties en trois catégories : les PRO, les Pro-Am et les Gentlemen. Notre voiture sera dans la catégorie Pro-Am. L’équipage sera identique avec Pascal et Christophe mais un quatrième pilote sera aussi de la fête, Julien Canal. Julien n’a jamais participé aux 24 Heures mais il a roulé avec nous pour des essais sur ce circuit et il connaît bien l’endurance et le GT. Ici, il y a toujours une très grosse concurrence avec un très, très haut niveau de pilotage. La seule inconnue demeure le comportement de la voiture avec des pneus Pirelli. Il va falloir s’y remettre pour trouver des automatismes. Les pneumatiques représentent une difficulté supplémentaire. Autre élément important, la piste n’est pas éclairée la nuit, ce qui complique lourdement la tâche et provoque plus rapidement de la fatigue. Mais à Spa, s’il y a bien un facteur que personne ne maîtrise et qui peut tout faire basculer en quelques secondes, c’est la météo, qui change en un clin d’œil… Brouillard, averses, orages, tout peut arriver sur ces 7 km qui se transforment vite en enfer sur terre. Ce sera ma cinquième participation à cette course que j’ai gagnée en 2001. J’ai toujours beaucoup de plaisir à revenir ici et en plus, c’est à Spa que j’ai rencontré Pascal et Christophe ! Cette course atypique sera un gros challenge même si le Team Sofrev-ASP connaît par cœur. Les 61 équipages s’élanceront cet après-midi à 16h30, pour les deux tours d’ horloge spadois.

Souce JPB @ photo P. Hecq