LE BILAN DU PROLOGUE ET DE LA PREMIERE ETAPE DU DAKAR

lundi 2 janvier 2023 par IMEC

L’œil dans l’objectif du prologue : les parcours de courte distance en bord de plage, c’est un classique du Dakar du XXIe siècle. La formule a fait son apparition en Espagne du côté de Castellon en 2001 et en 2004, alors que le rallye s’élançait depuis la France. L’année suivante, c’est à Barcelone sur la plage de Castelldefels que le chrono avait été déclenché, puis un peu plus tard en 2013 à Lima sur la plage d’Agua Dulce. Pour l’ouverture des débats de la 45e édition, c’est en bord de mer Rouge à proximité de Yanbu qu’a été tracé le prologue sur 13 kilomètres d’une piste sinueuse et sablonneuse, damée pour l’occasion. L’exercice, avec point de départ et d’arrivée à la porte du Sea Camp, avait tout pour séduire Toby Price et Mattias Ekström, qui ont brillé dans leurs précédentes carrières respectivement en enduro et sur les circuits de vitesse.
Ce qu’il faut retenir : chacun a bien compris qu’on ne tirerait pas d’enseignement définitif après un effort de moins de dix minutes, représentant à peine 0,3 % de la distance à parcourir en spéciale jusqu’à l’arrivée à Dammam. Mais le verdict a tout de même de quoi réjouir ceux qui ont su s’y distinguer par leur agilité et leur vélocité. C’est bien sûr le cas de Toby Price, qui restait sur deux sorties douloureuses en compétition, avec une auto en flammes sur la Baja 1000 et un abandon sur chute au Rallye du Maroc. L’Australien ne présentait pas la cote la plus favorable du clan KTM, mais a tout de même réussi à s’adjuger sa 16e spéciale sur le Dakar, pour une minuscule seconde d’avance sur son compatriote Daniel Sanders. Derrière ce duo du bout du monde, c’est le Botswanais Ross Branch qui complète le podium, le constructeur Hero profitant d’ailleurs de l’occasion pour affirmer qu’il est prêt à arbitrer les débats, en plaçant aussi Joaquim Rodrigues (6e) et Sebastian Bühler (8e) aux avant-postes. En autos, Mattias Ekström, qui avait été le mieux classé des pilotes Audi en janvier dernier (9e), reprend du service avec une efficacité maximale. Il avait déjà vécu comme l’une de ses plus grandes fertés d’avoir battu Sébastien Loeb lors de la « Course des champions » il y a quelques années. Le Suédois s’offre à nouveau ce plaisir pour commencer sa troisième participation au Dakar, surpassant également d’une seconde le vice-champion en titre. A peine plus loin, c’est Stéphane Peterhansel qui reste en embuscade, 3e à 11’’, c’est-à-dire tout proche de Nasser Al Attiyah (12’’) et de Guerlain Chicherit (13’’). Parmi les T3, le clan Red Bull a mis la main sur le prologue, avec Cristina Gutierrez deux secondes plus rapide que Seth Quintero, tandis que leur ancien coéquipier Guillaume De Mevius est venu se positionner au 3e rang, à 4’’. Chez les cousins des T4, c’est le vainqueur du W2RC Rokas Baciuska qui s’impose, réalisant une forme de série puisqu’il avait signé le meilleur temps sur l’ultime étape en 2022, celle qui lui avait permis de monter sur le podium final. Et en camions, Martin Macik prend la pole position, gagnant la 4e spéciale de sa carrière devant le jeune Mitch van den Brink. Avec 5’’ d’écart, le match entre Tchèques et Néerlandais est lancé.

l’œil dans l’objectif de l’étape 1 : la course s’est bel et bien éloignée de l’ambiance de plage pour la première étape du Dakar 2023. C’est en se déportant d’une trentaine de kilomètres que la spéciale du jour a longé la côte, direction Yanbu et au-delà. Sur les 368 kilomètres au programme, la première partie ponctuée de sections rocailleuses a mis tout le monde sur ses gardes, mais pas suffisamment Sam Sunderland, contraint à l’abandon sur chute. C’est ensuite sur des portions plus roulantes, entre vallées et pistes sablonneuses, que Carlos Sainz comme Daniel Sanders ont fait valoir leur pointe de vitesse. Comme récompense de leurs efforts, les pilotes et équipages rejoignent Sea Camp par la route du littoral sur plus de 200 kilomètres.

Ce qu’il faut retenir : il ne suffit pas d’avoir gagné à force de constance et de performances le statut de patron de la discipline pour maîtriser le Dakar. Sam Sunderland, le champion du monde en titre et vainqueur de la dernière édition a fait les frais, une fois encore, de la cruauté de l’épreuve qu’il a quittée sur chute après 52 km de course (voir coup dur). Le désert ayant finalement horreur du vide, les premiers rôles ont très vite été occupés, d’abord par le jeune Américain Mason Klein, qui a bien failli conclure sa première étape comme pilote de RallyGP par une victoire. Une pénalité pour excès de vitesse a différé ce moment qui ne saurait tarder, et c’est un autre représentant du « pays de l’oncle Sam » (ha, ha !), Ricky Brabec, qui a ajouté une 9e spéciale à son palmarès et pris les commandes du rallye. Parmi les hommes forts qui se sont distingués, Kevin Benavides et Toby Price complètent le podium du général devant Joan Barreda, lui aussi privé d’honneur par une pénalité. Si « Bang Bang » n’est pas passé loin d’un gros coup, c’est un autre chasseur d’étapes espagnol qui a sévi en autos, puisque Carlos Sainz est allé chercher une 42e spéciale, la sixième pour Audi depuis son arrivée l’année dernière sur le Dakar, le tout sous les yeux de son fils Carlos Sainz Jr en visite aujourd’hui. Pour compléter le tableau glorieux du jour dessiné par les RS Q e-tron 2, Sébastien Loeb, 2e, se retrouve comme hier pris en tenaille, cette fois-ci par Mattias Ekström, auteur du 3e temps. Au général, El Matador donne l’exemple à son fiston et domine la hiérarchie avec 10’’ d’avance sur Loeb. Chez les T3, le vainqueur 2019-21-22, « Chaleco » Lopez, a repris les commandes en remportant la spéciale, ce qui ne lui était plus arrivé depuis deux ans, tandis que Guillaume de Mévius perturbe le défilé des Can-Am en s’intercalant en 2e position, devant Seth Quintero. La course T4 a donné lieu à une explication entre gamins ultra-doués, remportée par Eryk Goczal, 18 ans comme son poursuivant sur le podium du jour, Pau Navarro (voir la perf du jour). En camions, Martin Macik s’applique à livrer une démonstration. Après son succès sur le prologue, le Tchèque s’impose cette fois sur 368 kilomètres, devant son compatriote et néanmoins rival Ales Loprais.

B.L.S. d’après un communiqué © ASO