DU CHAMPAGNE DANS LE RICARD POUR CD SPORT

samedi 5 septembre 2015 par IMEC

Les courses de 12 heures du Challenge Endurance Proto V de V, organisées en 2013 et 2014 à Motorland Aragon, n’avaient pas franchement souri à CD Sport. Cette année, le Paul Ricard a été choisi pour accueillir le tour d’horloge annuel du championnat. Or, ce circuit est un peu la chasse gardée de l’équipe périgourdine. Elle a imposé ses protos Norma dans le Var en 2011, 2012 et 2013 sur 4 heures, avant de réussir le doublé en 2014 sur 6 heures et de remporter les 12 Heures 2015 ! L’équipage composé de Jacques Wolff, Marc-Antoine Dannielou et Nicolas Maulini réédite ainsi son succès du Mugello. Cependant, à l’ivresse de la victoire s’oppose la désillusion née de l’abandon de deux des quatre voitures engagées, dont celui, spectaculaire, de la N°30 détruite par un incendie.

Norma N°33 : « Tout ce qui compte, c’est gagner » disait le grand Ayrton Senna. En plus de la victoire, les pilotes de la Norma CD Sport N°33 se sont emparés de la tête du championnat alors qu’ils n’étaient qu’en 6e position après Dijon. Qualifiés à la 10e place, Jacques Wolff, Marc-Antoine Dannielou et Nicolas Maulini n’ont connu aucun problème mécanique. Seule une sangle de harnais mal tendue leur a fait perdre une quarantaine de secondes au cours du deuxième relais. Par la suite, leur remontée a été méthodique, jusqu’à atteindre la première place à un peu moins de deux heures du damier. « Cette victoire est magnifique, magique Un excellent esprit d’équipe, de beaux relais, une auto très bien préparée, un super boulot des mécanos dans les stands… Ce fut une course longue et éprouvante. Nous avons clairement privilégié la fiabilité, car il ne semble pas possible de tenir 12 heures en roulant à fond. On s’est donc efforcé de préserver la mécanique en recherchant la régularité. Nous reprenons la tête du championnat mais en 2014, à ce stade, j’étais déjà leader. Cette fois il faut tenir jusqu’au bout ! » nous dit Marc-Antoine, la ligne d’arrivée franchie.

Norma N°31 Sébastien Dhouailly, Gérard Faure et Rémy Kirchdoerffer terminent de plus en plus régulièrement dans les points, qui récompensent en V de V les 15 premiers. Mais la 13e place obtenue sur le circuit Paul Ricard pouvait leur laisser quelques regrets, comme nous l’explique Rémy : « Nous avons perdu 17 tours (et une possible 7e place NDLR) quand Gérard a été heurté par une autre voiture. Les mécaniciens ont dû changer un triangle à l’avant, un autre à l’arrière et des éléments de carrosserie. Sinon, tout était OK, la voiture était très agréable à piloter. »

Norma N°30 On s’attendait à retrouver Jean-Ludovic Foubert, Thomas Accary et Kévin Bole Besançon aux avant-postes dans la foulée de leur victoire à Dijon. Ils étaient effectivement en tête quand le moteur a cassé. De l’huile s’est répandue sur les échappements, provoquant un incendie. Kévin était aux commandes quand les espoirs du trio sont partis en fumée. « Nous avons pris l’avantage vers 21 heures, nous avions un bon rythme tout en ménageant la voiture Hélas après 9h30 de course, j’ai senti que quelque chose n’allait pas en négociant la courbe de Signes. Normalement, je passe la sixième un peu avant, et cette fois, le moteur n’a pas voulu monter en régime. J’ai vu de grandes flammes dans les rétroviseurs et de la fumée dans le cockpit. Je me suis vite arrêté peu avant le double droite du Beausset. Il y a de gros dégâts sur la voiture. On perd la tête du championnat mais on a de la chance dans notre malheur, car tous nos adversaires directs ont également abandonné au Paul Ricard. C’est tout de même dommage car dans une épreuve à coefficient 2, on pouvait faire le break. »

Norma N°32 Une excellente 4e place sur la grille a permis aux pilotes de la Norma M20 FC N°32 de lutter dès le départ dans le peloton de tête et même d’occuper la première place au cap de la deuxième heure. Hélas, un échappement cassé a précédé une fuite d’eau qui s’est malheureusement révélée terminale aux deux tiers de la distance.

Au sein de cet équipage, CD Sport accueillait pour la première fois Nicolas Jamin, aux côtés d’Inès Taittinger et d’Erwan Julé. Le jeune Rouennais fait carrière aux Etats-Unis et mène le championnat US F2000 à une manche de la fin. « J’avais effectué des tests en Formula Renault 2.0 avec l’équipe il y a quelques années. Quand Laurent Cazenave m’a contacté pour me proposer de participer à cette course, j’ai vite été séduit. Je cours actuellement en monoplace, mais une opportunité de faire Le Mans ou Daytona peut se présenter. J’ai pensé qu’il serait alors intéressant d’avoir une première expérience du sport-proto, de l’endurance et du roulage de nuit. Ça a tout de suite bien fonctionné avec mes coéquipiers autant qu’avec le staff. On a fait une bonne séance de qualification avec Inès, même si j’aurais peut-être pu faire mieux que le 2e temps absolu si je n’avais pas été gêné dans le secteur 3. En course, cette fuite d’eau nous a empêchés d’aller au bout, mais j’ai quand même pu faire un long relais de nuit. J’avais des alertes de température, et les mécaniciens devaient remettre beaucoup de liquide dans le circuit de refroidissement à chaque arrêt, il était donc plus sage de renoncer. C’est frustrant car on pouvait viser la victoire, mais je suis content de mes chronos sachant que le niveau de pilotage est élevé dans ce championnat. »

Le team-manager Claude Degrémont ressentait des émotions contradictoires après l’arrivée : « Je suis à la fois comblé et déçu. A Dijon, les quatre autos avaient terminé, contre seulement deux ici, dont une qui a subi de gros dégâts. Heureusement, on a aussi de quoi se réjouir. Les ingénieurs et le staff ont fait un boulot remarquable, et les pilotes ont parfaitement compris la stratégie qui consistait tout simplement à terminer les 12 heures, sans martyriser les voitures, en évitant les vibreurs et en surveillant régimes moteur et consommation. Trois de nos quatre voitures ont occupé la tête un bon moment, c’est positif, comme le fait d’attirer des jeunes tels que Erwan Julé, en pleine progression, ou Nico Jamin notre pigiste de luxe qui réussit la carrière que l’on sait aux USA… 2015 est l’année des 20 ans du team, notre score est de 3 victoires en 5 courses et depuis nos débuts dans la discipline, nous avons gagné 14 fois sur 31 ! »

En effet, on a connu pire dans le domaine des statistiques ! Rendez-vous aux 6 Heures de Magny-Cours les 10 et 11 octobre.

B.L.S. - source Romane Didier @ photo Maurice Camus